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L'Hautil-Zone industrielle à Triel - Vie écon. et sociale - Articles
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Bienvenue sur l'Hautil
Situé à l'ouest de Paris , le massif de l'Hautil domine les vallées de l'Oise et de la Seine ainsi que les plaines du Vexin français. Son altitude atteint 191 mètres, ce qui en fait un des points culminants le plus haut d'Ile-de-France.

Plutôt connu pour ces anciennes carrières de gypse qui ont une fâcheuse tendance à s'effondrer, le plateau de l'Hautil offre une véritable oasis de verdure et abrite bien plus que des chevreuils et des éperviers.

Ainsi une poignée d'irréductibles a choisi d'habiter ce lieu privilégié et de défendre cet espace naturel, calme et convivial. Cet espace d'information se fait l'écho de tout ce qui compose et anime cette petite vie locale. De tous les combats mais aussi de toutes les fêtes, l'hautilois se veut ainsi ...

Vie écon. et sociale : Zone industrielle à Triel
Posté par lhautilois le 19/9/2005 14:37:06 (4784 lectures)

Zone industrielle à Triel

le doux rêve du libéralisme économique

Triel-sur-Seine, comme chacun sait, est une petite commune résidentielle qui accueille peu d'entreprises et qui doit donc vivre en s'appuyant essentiellement sur les recettes des impôts locaux. Dès lors, les prestations de services publics ne peuvent dépasser ceux d'un commune modeste et pour tout élu qui rêve de transformer la ville en la dotant d'équipements de haut niveau il faut donc trouver de nouvelles sources de financement. C'est ce rêve glorieux qui semble porter la municipalité actuelle pour, sans doute, servir les Triellois mais aussi inscrire dans la postérité locale son bon Maire. On a vu récemment que cette recherche effrénée de financements s'était traduite par une lourde augmentation des impôts locaux mais cet exercice a ses limites. Les élus devaient donc trouver autre chose et la décision fut donc vite prise de la création d'une zone industrielle. Il s'agissait pour la municipalité de créer un cercle vertueux, la zone industrielle devant accueillir des entreprises, lesquelles auraient versé une taxe d'apprentissage à même de financer la dite zone et d'enrichir la collectivité en emplois et monnaie sonnante et trébuchante. Le développement économique, auquel on aurait sans doute accolé le terme de durable, mènerait ainsi au doux rêve d'un enrichissement collectif à même de financer des équipements de première qualité. Ces équipements auraient ainsi attiré l'attention des créateurs d'entreprises intéressés par un environnement de qualité et, de rêve en rêve, les impôts locaux auraient sans aucun doute fini par baisser!

Mais ce rêve a bien des chances de virer au cauchemar...

C'est qu'en période de faible développement économique les créateurs d'entreprises se font rares et cette rareté les rend difficiles. Ils préfèrent le plus souvent s'installer dans les zones existantes où ils savent trouver partenaires et axes de communication. Triel a donc peu de chance de voir arriver de grandes entreprises! C'est ici que l'angoisse commence à poindre et le rêve à tourner au cauchemar. Car la zone industrielle va être crée, la municipalité à du se porter garante financièrement et il lui faut donc trouver coûte que coûte un client pour son terrain qui, s'il devait rester en friche, pourrait se transformer en boulet financier. Rien de pire pour la postérité que d'accumuler un désastre financier après une augmentation des impôts locaux unique sur la région! Qui sauvera le projet? Quel story_type d'entreprise peut, en période de stagnation économique, venir s'installer et apporter de la taxe professionnelle? Un vampire financier bien sûr, qui va centraliser la consommation sur un même lieu en desséchant le territoire sur 20 km à la ronde! Une grande surface donc avec ses poissons pilotes, jardinerie, chaîne de restaurant et galerie commerciale. Quoi de mieux qu'un vampire pour vous concocter un cauchemar?

Et plus douloureux sera le réveil...

Il faut rappeler ici qu'une grande surface ne produit aucune richesse et détruit plus d'emplois qu'elle n'en crée. La grande surface n'est qu'un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Ses bénéfices ne viennent pas de son travail mais du placement financier qu'elle fait avec la concentration d'argent qu'elle attire et qu'elle fait travailler pendant les 90 jours où elle ne paye pas ses fournisseurs. Grâce aux cartes de crédit mirifiques elle débite instantanément ses clients mais ne payera que tardivement ses fournisseurs quand elle ne leur imposera pas des rabais ou autres pénalités. Mais peut-être est-ce la réalité d'aujourd'hui qui permet d'acheter pas cher et facilite la vie aux revenus les plus modestes? Peut-être... Mais les dégâts sociaux et environnementaux doivent faire réfléchir. Pour quelques dizaines d'emplois créés ici des dizaines d'autres seront détruits dans le petit commerce sur des kilomètres à la ronde et le centre ville de notre commune risque bien de connaître le sort de bien d'autres, une mort rapide, le coup de grâce! Mais ce n'est pas tout car un centre commercial draine au-delà d'une commune et c'est tout un flux de consommateurs qu'il faudra attirer là et qui y viendront avec leur voiture. Le centre-ville a donc toutes les chances de mourir et de voire dans le même temps les flux de circulation augmenter dramatiquement.

Dommages collatéraux...

Dans la guerre commerciale qui s'annonce les victimes vont se compter au-delà de Triel et se sont les centres-villes de nos communes " amies ", Verneuil, Vernouillet Chanteloup qui en subiront également les conséquences. Le projet de syndicat intercommunal risque de ne pas s'en remettre car alors même que tout le monde dit vouloir raisonner à l'échelle de la boucle de la Seine il s'agit bien ici d'une guerre aux accents fratricides! Il ne reste plus qu'à voir naître un projet similaire chez un de nos voisins et le gâchi sera total!

Triel-sur-Seine 2010...

Faisons un peu de prospective... En cette année, la zone commerciale a été inaugurée
et la municipalité se félicite de sa réussite. Certes des commerces ont fermé en centre-ville mais ils ont tous été remplacés par... des banques et agences immobilières. Désormais l'entrée de la ville offre le visage d'un territoire dynamique où se côtoient usine d'incinération, station d'épuration et grands magasins. Les élus sont fiers de leur nouvelle devise: Triel, entre poubelle et zone commerciale.

Gilles Billotte

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